Communiqué de presse INTERPOL
16 juillet 2003 |
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INTERPOL attire l'attention sur un lien entre la contrefaçon
et le terrorisme.
L'organisation démontre que les terroristes financent leurs opérations
avec le produit de leurs activités dans ce domaine.
WASHINGTON - Le Secrétaire Général d'INTERPOL, M. Ronald
K. Noble, a alerté les gouvernements et les services chargés de
l'application de la loi sur l'existence d'un lien de plus en plus manifeste
entre la criminalité liée à la propriété
intellectuelle et le financement du terrorisme.
Dans des documents préparés aux fins de son témoignage,
le 16 juillet, devant la Commission des relations internationales de la Chambre
des représentants des Etats-Unis, M. Noble a déclaré que
le problème pourrait s'aggraver dans l'avenir, et a appelé à
un renforcement des mesures - y compris un nouveau partenariat entre l'industrie
et la police - pour y remédier.
"Si le lien entre les organisations criminelles et la contrefaçon
est bien connu, INTERPOL alerte aujourd'hui la communauté internationale
sur le fait que la criminalité liée à la propriété
intellectuelle est en passe de devenir le moyen de financement de prédilection
d'un certain nombre d'organisations terroristes", a affirmé M. Noble.
"Le nombre d'exemples où ce mode de financement est utilisé
est désormais suffisant pour que nous nous inquiétions de la menace
que constituent ces méthodes pour la sécurité publique.
Des mesures préventives doivent être prises dès aujourd'hui".
M. Noble a fait observer que les services chargés de l'application de
la loi ne considèrent généralement pas la criminalité
liée à la propriété intellectuelle comme un domaine
d'action prioritaire, et que les enquêtes dans ce domaine bénéficient
de moins de moyens financiers que celles sur le terrorisme ou les stupéfiants.
"Les services de répression doivent être conscients que les
atteintes aux droits de propriété intellectuelle ne sont pas sans
faire de victimes", a-t-il indiqué. "Dans la mesure où
l'on constate de plus en plus souvent que les organisations terroristes financent
leurs activités par ce moyen, celui-ci doit être considéré
comme une forme très grave de criminalité ayant des incidences
importantes sur la sûreté et la sécurité publiques".
Selon le document présenté à la commission du Congrès,
un grand nombre d'organisations - dont Al Qaeda, le Hezbollah, les séparatistes
tchétchènes, les extrémistes albanais au Kosovo, et les
groupes paramilitaires en Irlande du Nord - tirent un profit de la production
ou de la vente de marchandises contrefaites.
Tout un éventail de produits est concerné, parmi lesquels des
CD et des DVD, des vêtements de marque, des logiciels et des cigarettes.
"INTERPOL ne pense pas qu'une enquête sur une affaire d'atteinte
aux droits de propriété intellectuelle soit terminée lorsque
les contrefaçons ou les produits pirates sont saisis" a poursuivi
M. Noble. "Nous pensons qu'il faut poursuivre les recherches, afin de suivre
la trace du produit de ce commerce et, si possible, d'établir des liens
avec les organisations qui bénéficient des fonds en question".
Le Secrétaire Général a appelé à la désignation
au sein des services de police de chaque pays de correspondants spécialement
chargés d'échanger des informations sur cette forme de criminalité,
ainsi qu'à l'établissement d'un partenariat entre le secteur privé
et INTERPOL, afin de faire uvre de sensibilisation et de faciliter les
enquêtes transfrontalières.
INTERPOL a déjà créé un groupe d'action sur la
criminalité liée à la propriété intellectuelle,
auquel participent des représentants de l'industrie. M. Noble a souligné
qu'un nouvel accord de partenariat avec les secteurs concernés devrait
conférer une plus grande ampleur aux travaux de ce groupe.