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16 février 2011 - Media release

La Conférence régionale africaine d’INTERPOL s’emploiera à renforcer l’action régionale de lutte contre la criminalité transnationale

La réunion qui se tient au Botswana met en lumière les enjeux mondiaux de la sécurité aux niveaux local et régional


GABORONE (Botswana) – La 21ème Conférence régionale africaine d’INTERPOL qui s’est ouverte aujourd’hui doit étudier les priorités pour l’Afrique en matière de sécurité, et s’attachera à renforcer les opérations menées au niveau régional dans le cadre de la lutte contre la criminalité transnationale grâce à une meilleure coopération entre les services chargés de l’application de la loi de la région et du reste du monde.

Cette réunion de trois jours – qui portera en priorité sur les questions liées aux trafics d’êtres humains et de stupéfiants, à la piraterie maritime, au terrorisme, à la contrefaçon de médicaments et aux atteintes à l’environnement – rassemblera plus de 150 hauts responsables des services chargés de l’application de la loi d’une quarantaine de pays ainsi que des représentants de sept organisations internationales, et visera à renforcer la capacité des polices de la région à mener des opérations transfrontalières en améliorant leurs ressources et en élargissant l’accès aux outils et services mondiaux d’INTERPOL.

Appelant l’Afrique et les autres régions du monde à opposer « un front solide et uni » à la criminalité internationale en ces temps de mondialisation, le Président d’INTERPOL, M. Khoo Boon Hui, a déclaré : « Les évolutions qui ont rendu possible la circulation aisée et rapide des biens, des personnes et des capitaux dans le monde entier ont également facilité la circulation de l’argent sale, de la drogue, des produits de contrefaçon, des armes et des immigrés clandestins. Aussi les infractions complexes à caractère international, qui transcendent les frontières nationales, doivent-elles être envisagées d’un point de vue mondial, régional et national. »

« Les solutions aux défis mondiaux passent par des mesures et des actions collectives », a déclaré le Ministre de la Défense, de la Justice et de la Sécurité par intérim du Botswana, M. Edwin Jenamiso Batshu, appelant les hauts représentants des services chargés de l’application de la loi réunis devant lui à tirer pleinement parti de cette conférence INTERPOL en vue de renforcer leur action sur le continent et au-delà.

Évoquant le travail des quatre Bureaux régionaux d’INTERPOL en Afrique – à Abidjan, Harare, Nairobi et Yaoundé –, qui facilitent la coopération policière et collaborent avec des instances clés tels que les comités régionaux des chefs de police, le Commonwealth et l’Union africaine, le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, a souligné l’importance de « donner les moyens d’agir » aux services chargés de l’application de la loi en renforçant leurs capacités « afin de mettre en place la police de demain ».

Saluant l’impulsion donnée par le Botswana et le Directeur général de la police nationale, M. Thebeyame Tsimako, dans la lutte contre les atteintes à l’environnement, M. Noble a évoqué le rôle joué par le Botswana en mai 2010 dans l’Opération Mogatle, à laquelle ont participé quelque 200 fonctionnaires de six pays, et qui a abouti à la saisie de près de 400 kilos d’ivoire et de corne de rhinocéros ainsi qu’à 41 arrestations.

À propos de Mogatle et de la série d’opérations menées en Afrique sous la coordination d’INTERPOL, de ses Bureaux centraux nationaux, de ses Bureaux régionaux et des services de répression nationaux, avec pour cible les trafics de stupéfiants, d’êtres humains et de véhicules volés, la contrefaçon de produits pharmaceutiques et bien d’autres activités criminelles, M. Noble a déclaré : « Ces opérations conduites avec nos partenaires africains sont la base même de la coopération policière internationale : des fonctionnaires travaillant de concert par-delà les frontières nationales dans un esprit d’interdisciplinarité. Mais elles ont également bénéficié d’un appui technologique, afin de former les fonctionnaires et de les aider à échanger des informations et à effectuer des contrôles à des postes-frontières situés dans des endroits reculés. »

Le chef d’INTERPOL a précisé que les évolutions technologiques entraînaient des conséquences pour les services chargés de l’application de la loi du monde entier et attiré l’attention des participants sur le rôle du Complexe mondial INTERPOL, qui doit ouvrir ses portes à Singapour début 2014, et du Document de voyage INTERPOL – deux solutions de pointe pour renforcer la capacité des services de répression du monde entier à combattre la criminalité du 21ème siècle.

« Le Complexe mondial INTERPOL permettra de mettre en place des moyens plus que jamais nécessaires dans des domaines tels que la lutte contre la cybercriminalité, dans l’intérêt des pays membres de toutes nos régions, y compris ici, en Afrique. Et grâce au Document de voyage INTERPOL, les fonctionnaires en mission officielle pourront se déplacer au niveau international sans être retardés ou gênés, garantissant ainsi la rapidité de l’appui policier et de la coordination des investigations. »

Le chef d’INTERPOL a félicité les dix pays qui ont à ce jour officiellement reconnu le Document de voyage INTERPOL – l’Afghanistan, le Brésil, le Cameroun, l’Égypte, le Pakistan, la République démocratique du Congo, le Sénégal, les Seychelles, Singapour et le Swaziland – et exhorté les autres à en faire de même dans l’intérêt d’une sécurité accrue.

Le premier jour de la conférence, les chefs des services nationaux africains spécialisés dans la lutte contre les drogues et les chefs des Bureaux centraux nationaux INTERPOL se réuniront afin de définir, sous l’égide d’INTERPOL, un plan d’action en vue d’accroître la coopération régionale en matière de lutte contre les stupéfiants, lequel s’accompagnera de toute une série d’initiatives opérationnelles essentielles.

Alors que le Conseil de sécurité des Nations Unies vient d’adopter une résolution appelant les pays membres des l’ONU à collaborer avec INTERPOL et Europol pour lutter contre les réseaux criminels responsables de la piraterie maritime, et qu’une décision de l’Union européenne permet à la mission militaire européenne actuellement déployée dans le golfe d’Aden d’utiliser le réseau de communication mondial et les outils d’INTERPOL, le maillon essentiel que constituent les services chargés de l’application de la loi dans la lutte menée au niveau international contre la piraterie maritime sera également au centre des travaux de la conférence.