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19 juillet 2012 - Media release

INTERPOL déploie une équipe afin de faciliter l’enquête de la Bulgarie sur l’attentat terroriste à la bombe commis par un kamikaze contre un car de tourisme israélien

Selon le Secrétaire Général, l’attentat révèle une faille mortelle dans la sécurité des frontières dans de nombreux pays du monde


LYON (France) - INTERPOL s’apprête à déployer une Cellule de crise (IRT) en Bulgarie afin d’aider les autorités nationales dans leur enquête sur l’attentat suicide à la bombe contre un car de tourisme israélien qui a coûté la vie à cinq Israéliens, au conducteur bulgare et au terroriste présumé, et qui a fait plus de 30 blessés.

Condamnant ce « lâche » attentat, le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble, a déclaré que, dans la mesure où des informations indiquaient que le terroriste était en possession de faux documents d’identité, il serait essentiel de déterminer si l’un ou l’autre de ces documents était enregistré dans la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage volés et perdus (SLTD) et si le suspect les avait utilisés à un moment quelconque de son séjour en Bulgarie.

La base de données SLTD contient plus de 33 millions d’enregistrements, dont quelque 2,5 millions concernant des passeports des États-Unis authentiques signalés comme volés ou perdus à INTERPOL.

« La Bulgarie dispose des outils nécessaires pour procéder à des vérifications dans les bases de données de l’Organisation et a réussi, par l’intermédiaire de celle-ci, à repérer des personnes tentant d’entrer sur son territoire avec des passeports signalés comme volés ou perdus à INTERPOL », a déclaré le Secrétaire Général Noble.

« La base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage volés et perdus constitue un rempart important contre les personnes qui essayent de franchir les frontières avec un faux document. Quiconque tenterait de le faire doit immédiatement éveiller les soupçons et faire l’objet d’investigations approfondies avant d’être autorisé à entrer dans le pays », a ajouté M. Noble, citant le cas de Ramzi Yousef, condamné pour avoir orchestré les attentats à la bombe contre le World Trade Center en 1993, et celui de Milorad Ulemek, condamné pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre serbe, qui ont tous deux commis leurs crimes après avoir voyagé avec des passeports volés.

« À la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001, les pays ont réalisé à quel point il était important qu’ils s’informent mutuellement des risques potentiels pour leur sécurité et en matière de terrorisme, et s’interrogent aujourd’hui sur la meilleure manière d’empêcher ce qui vient d’arriver en Bulgarie de se reproduire sur leur territoire. Contrôler tous les visiteurs au moyen de la base de données SLTD d’INTERPOL est un premier pas évident », a souligné le Secrétaire Général Noble.

En 2010, la Bulgarie a, selon les estimations, accueilli six millions de visiteurs ; entre janvier et juillet 2012, environ 23 500 documents de voyages ont été contrôlés au moyen de la base de données SLTD d’INTERPOL ; 122 réponses positives ont ainsi été obtenues, dont quatre concernant des passeports des États-Unis.

« Malheureusement, beaucoup trop de pays ne consultent pas systématiquement la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyages volés ou perdus, ce qui permet à plus de 700 millions de passagers internationaux arrivant dans les aéroports de franchir les frontières sans que leur passeport fasse l’objet de vérifications dans la base de données d’INTERPOL. J’espère que l’auteur présumé de cet attentat suicide n’en faisait pas partie. Cette situation reste très facile à corriger tout en demeurant la faille de sécurité la plus meurtrière pour les 190 pays membres d’INTERPOL, et nos pensées et nos prières vont aux familles et aux amis des victimes de cette nouvelle tragédie », a conclu le chef d’INTERPOL.

Parallèlement au déploiement de la cellule IRT depuis le siège du Secrétariat général à Lyon, composée d’officiers spécialisés du service Sûreté publique et terrorisme, toutes les demandes d’analyse d’empreintes digitales et d’ADN, ainsi que tout autre forme d’assistance dont pourraient avoir besoin les autorités bulgares, israéliennes et américaines, sont traitées de façon prioritaire par le Centre de commandement et de coordination d’INTERPOL, opérationnel 24 heures sur 24.

Si nécessaire, INTERPOL peut diffuser l’une de ses notices internationales de couleurs différentes selon qu’il s’agira d’alerter les services chargés de l’application de la loi dans le monde entier au sujet du mode opératoire utilisé, de solliciter des compléments d’information sur des individus dans le cadre de l’enquête ou de demander l’arrestation de personnes recherchées en relation avec l’attentat.