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22 novembre 2012 - Media release

Près de 400 enfants victimes de trafic secourus à travers le Burkina Faso dans le cadre d’une opération dirigée par INTERPOL

OUGADOUGOU (Burkina Faso) – Près de 400 enfants victimes de trafic – dont certains âgés de six ans seulement – et soumis au travail forcé dans des mines d’or et des champs de coton exploités illégalement ont été secourus lors d’une opération de police coordonnée par INTERPOL au Burkina Faso.

Quelque 165 policiers, ainsi que des fonctionnaires des services douaniers, sociaux et sanitaires ont participé à l’Opération Tuy ; celle-ci ciblait plusieurs sites à Ouagadougou, Houndé et Bobo Dioulasso, et a permis d’arrêter 73 personnes pour des infractions liées au trafic et au travail des enfants.

Pendant cette opération de deux jours (29 et 30 octobre), 387 enfants ont été découverts travaillant dans des conditions extrêmes, dans des trous miniers étroits, dépourvus d’air, pouvant atteindre jusqu’à 70 mètres de profondeur. Ils ne recevaient ni salaire, ni éducation et les petites filles subissaient souvent des abus sexuels. Les victimes ont maintenant retrouvé leurs familles ou été prises en charge par les services sociaux.

« Il s’agit de la plus grande opération de ce type jamais organisée au Burkina Faso avec le soutien d’INTERPOL et sa réussite est directement attribuable à l’engagement et au soutien du gouvernement, de la police et d’autres administrateurs », a déclaré M. Henri Guida Blemin, officier spécialisé auprès du service d’INTERPOL chargé du trafic d’êtres humains, qui a participé à la coordination de l’opération.

« Les conditions dans lesquelles ces enfants sont contraints de vivre et de travailler sont atroces et INTERPOL continuera à collaborer étroitement avec tous ses pays membres pour déceler l’exploitation de ces victimes innocentes, y mettre fin et aider les victimes à retrouver l’enfance à laquelle elles ont droit », a ajouté M. Blemin.

Avant l’Opération Tuy, plus de 100 fonctionnaires des services nationaux de la police, de la gendarmerie, des douanes, de la santé, et des eaux et forêts ont participé à une formation spécialisée de trois jours. Cette formation a été dispensée par des officiers spécialisés de la cellule INTERPOL sur le trafic d’êtres humains, venant notamment du Canada, du Bureau régional d’Abidjan, ainsi que du Bureau central national de Ouagadougou, outre les spécialistes burkinabais des services de police, de santé et d’éducation.

« La réussite de cette opération ne se mesure pas uniquement au nombre de victimes secourues, mais également à l’aune de notre capacité à faire en sorte que les infrastructures et les connaissances soient en place pour que ce travail important puisse se poursuivre. C’est pourquoi la formation est tout aussi cruciale que le travail sur le terrain. Si les policiers n’ont pas les compétences nécessaires, ils ne peuvent pas faire leur travail et les progrès réalisés ne pourront être pérennisés », a déclaré M. Blemin.

« Les informations recueillies pendant l’opération permettront d’identifier et de démanteler les réseaux criminels responsables de ce type de criminalité au niveau national, régional et international », a-t-il ajouté.

Tuy est la cinquième opération d’INTERPOL qui cible le travail forcé des enfants en Afrique. Les opérations Bia (2009), Cascades et Bana (2010) et Bia II (2011) ont déjà permis de secourir plus de 400 enfants dans toute l’Afrique centrale et occidentale, et d’arrêter 93 personnes.