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18 février 2011

La conférence INTERPOL panafricaine ouvre la voie à une action concertée contre la criminalité transnationale

GABARONE (Botswana) – De hauts responsables de police de toute l’Afrique ont clos la 21ème Conférence régionale africaine d’INTERPOL en soutenant une série de mesures destinées à accroître la sécurité dans la région et au-delà, grâce à une intensification de la coopération et au renforcement des capacités.

Cette réunion internationale de professionnels de l’application de la loi a approuvé la multiplication des actions régionales concertées menées par le canal d’INTERPOL contre les activités criminelles transnationales telles que le trafic de stupéfiants et d’être humains, la piraterie maritime, le terrorisme et la contrefaçon de produits pharmaceutiques. Elle a souligné le rôle des pays membres africains qui utilisent et alimentent davantage les bases de données INTERPOL sur les documents de voyage volés ou perdus, sur les profils génétiques, sur les empreintes digitales, sur les armes à feu, sur les œuvres d’art volées, et sur l’exploitation sexuelle des enfants.

La conférence s’est tenue peu après l’adoption d’une résolution des Nations Unies appelant les États membres à collaborer avec INTERPOL et Europol pour lutter contre les réseaux criminels responsables de la piraterie maritime, et d’une Décision de l’Union européenne permettant à Atalanta, la mission militaire européenne actuellement déployée dans le golfe d’Aden, d’utiliser le réseau de communication mondial et les outils d’INTERPOL. Elle a donc réaffirmé le maillon essentiel que constitue la police dans la lutte contre la piraterie maritime en entérinant le rôle central du Secrétariat général et des Bureaux centraux nationaux s’agissant de faciliter les communications et de mettre en commun des renseignements tels que les empreintes digitales, les profils génétiques et les photos des suspects.

Les participants à la conférence ont été informés des conséquences de la piraterie dans toute l’Afrique, l’ouest du continent étant de plus en plus visé par un phénomène qui, dans les ports de la côte est touchés, empêche l’acheminement de l’aide d’urgence aux régions où sévissent les pirates.

Parmi les autres mesures essentielles auxquelles a abouti la conférence, on retiendra les suivantes :

  • Combattre la criminalité liée aux stupéfiants en Afrique en mettant en place des plans d’action coordonnés au niveau régional contre le trafic de cannabis, de cocaïne, d’héroïne et de substances psychotropes dans les régions concernées, prévoyant l’échange d’informations entre les différents services chargés de l’application de la loi et la mise en œuvre d’opérations concertées. Une autre mesure concerne l’utilisation des Cellules de crise déployées par INTERPOL, notamment dans le cadre d’importantes saisies de drogues et d’affaires nécessitant des enquêtes complexes et très médiatisées.
  • Des terroristes présumés et recherchés se déplaçant régulièrement en Afrique et hors du continent pour parvenir à leurs fins, la conférence a engagé les Bureaux centraux nationaux d’INTERPOL en Afrique à tirer le meilleur parti des outils d’INTERPOL par l’intermédiaire du Groupe Fusion pour lutter contre le terrorisme en Afrique. Les services de l'immigration et les douanes ont, quant à eux, été appelés à effectuer des recherches dans les bases de données de l’Organisation afin que les autorités transfrontalières puissent empêcher des terroristes présumés ou recherchés de franchir les frontières, et que les services chargés de l’application de la loi puissent agir en conséquence.
  • Pour lutter contre la criminalité pharmaceutique en Afrique, la conférence a recommandé que les services de répression des pays africains, en étroite collaboration avec les Bureaux centraux nationaux d’INTERPOL, organisent en Afrique en 2011 des activités opérationnelles, multidisciplinaires et coordonnées sur le modèle de l’Opération Mamba, ainsi que des formations, en veillant à une mobilisation systématique des ressources dans le cadre d’opérations conjointes entre les services nationaux et INTERPOL concourant à la mise en œuvre de projets nationaux. 

Les malfaiteurs transnationaux exploitant les technologies à l’heure de la mondialisation, la conférence a souligné le rôle du futur Complexe mondial INTERPOL de Singapour et du Document de voyage INTERPOL pour faciliter les réponses des services chargés de l’application de la loi aux défis du 21ème siècle, et a été l’occasion pour l’Afrique d’exprimer son soutien à ces deux projets essentiels.